L’enfer des TOC et comment en sortir

Les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC)

Répétitions, lavages, ruminations, vérifications, annulation de pensée, sexualité, symétrie, phobie d’impulsion : telles sont les formes d’expression, les grands thèmes, des troubles obsessionnels-compulsifs (TOC). Ce trouble est de mieux en mieux étudié, compris et soigné. Il est composé de pensées obsédantes intrusives et de comportements compulsifs, qui semblent en apparence servir à prévenir un risque de catastrophe. Les TOC peuvent être lourdement handicapant au quotidien, car énormément coûteux en temps et en énergie mentale. Ils peuvent aussi provoquer de la honte suite à l’incompréhension de l’entourage, et amener la personne souffrant de TOC à éviter certaines situations sociales. 2 à 3% de la population seraient concerné par des TOC, ce qui en fait un enjeu de santé publique majeur car il s’agit là du 4e trouble psychologique le plus fréquent après les phobies, les addictions et les troubles dépressifs.

Traitement TOC Nice

Les TOC font partie des rare cas de figure où, en tant que psychologue à Nice, j’utilise une boîte à outils préconçue, qui a fait ses preuves avec une partie importante des personnes que j’accompagne pour ce type de problématiques. La plupart parviennent à une amélioration de leurs troubles après quelques séances. Cette boîte à outils est constituée de fiches, de méthodes, d’exercices, et surtout de postures psychologiques issues des TCC « classiques », de la thérapie ACT, et de la thérapie neurocomportementale. Ayant déjà eu l’occasion d’écrire sur les TCC et l’ACT, dans cet article je développerai brièvement le modèle de la thérapie neurocomportementale.

La thérapie neurocomportementale : une nouvelle approche du traitement des TOC

Neurocomportementale donc. Qu’est-ce que cela peut bien signifier ? Il s’agit d’une nouvelle forme de TCC appliquée au traitement du TOC, qui met l’accent sur les outils comportementaux, c’est-à-dire qu’elle cherche à aider le client à faire face concrètement à ses difficultés au moment où elles apparaissent ; tout en se basant sur une compréhension neurochimique de ces difficultés, basée sur les dernières recherches. Les outils de restructuration cognitive utilisés en TCC classique sont largement laissés de côté, les études ayant montré que leur efficacité était mitigée dans le traitement du TOC.

Comprendre le fonctionnement neurochimique du TOC

Une séance de thérapie (généralement la deuxième) est dédiée à l’information sur ce qu’est le TOC d’après la perspective neurocomportementale. Mon but à ce moment est de décrire à mon client comment son cerveau fonctionne, notamment les zones impliquées dans le TOC et la détection du danger (cortex préfrontal, amygdale, ganglions de la base…) et les neurotransmetteurs impliqués.

La sérotonine tout particulièrement, agit comme un « frein » qui permet de calmer et contrôler les émotions difficiles et les actes excessifs (quand l’activité de sérotonine est normale, le cerveau est en position de dire « c’est bon, l’action est satisfaisante, donc je peux passer à une autre », ou « je peux attendre avant d’agir. Pas besoin de se précipiter »). Chez les personnes souffrant de TOC, le manque de sérotonine dans le préfrontal peut expliquer les phénomènes de contrainte de ritualiser et de sensation de non-contrôle liés aux obsessions et compulsions. Ce déséquilibre de sérotonine n’est toutefois pas irréversible : le traitement vise justement à le rééquilibrer.

Phobie d'impulsion Nice

Les rituels ou compulsions, dans cette perspective neurocomportementale, n’ont pas pour but d’empêcher une catastrophe, mais plutôt de venir rééquilibrer le fonctionnement du cortex préfrontal, déséquilibré par ce déficit de sérotonine. Malheureusement, ce n’est qu’une solution temporaire, car la personne se retrouve contrainte de recommencer ses TOCs quelques heures ou minutes plus tard.

Le cerveau d’une personne atteinte de TOC utilise également le doute comme un mécanisme pour convaincre la personne de ritualiser. C’est pour cela que souvent, notre voix dans la tête nous dit « et si ? qui me dit que ? est-ce que vraiment, c’est sûr que j’ai bien vérifié ? et si jamais… ». Ce doute n’est absolument pas une preuve de danger, et nous allons apprendre à repérer ce mécanisme et à en changer sa fonction.

Le modèle neurocomportemental propose encore bien plus d’informations sur le fonctionnement du cerveau dans le cadre du TOC, impossible de tout détailler ici. Il me tient plutôt à cœur de dresser les axes comportementaux du travail d’accompagnement des personnes souffrant de TOC.

Comment traiter les TOC avec le modèle neurocomportemental

Comme dans tout travail thérapeutique, le psychologue et son client s’intéressent aux facteurs de maintien des difficultés. Dans le TOC, ils sont généralement de deux types : les rituels (ou compulsions) et les évitements. La suite du travail thérapeutique consistera donc à agir sur les rituels et les évitements, ce qui peut se manifester différemment selon les personnes et les types de TOC. Quelques pistes d’intervention qui reviennent dans le traitement de tous les TOC :

  • repérer les mécanismes du TOC lorsqu’il apparait, notamment le doute
  • revenir à l’explication neurocomportementale du TOC, qui permet d’établir que la pensée n’est pas vraie en soi même si notre cerveau cherche à nous la vendre comme telle
  • apprendre à laisser ses pensées aller et venir, comme si nous étions le spectateur de notre film mental, sans se laisser embarquer dans un tourbillon
  • apprendre à cohabiter avec l’angoisse pendant quelques minutes avant de faire le rituel
  • apprendre à reconnaitre le côté absurde des pensées, et les tourner en dérision
  • en plus des adaptations spécifiques à chaque type de TOC et surtout à chaque personne !

Tout cela mis ensemble permet au client de pratiquer ce que l’on appelle parfois l’exposition avec prévention de la réponse : à moyen terme, le but sera de s’exposer à ce qui lui fait peur (pensées, angoisses, scénario-catastrophe, situations…) en réduisant voire en arrêtant les rituels, qui soulagent sur le moment mais maintiennent le trouble à long terme.

La direction thérapeutique globale étant bien sûr, de regagner suffisamment en liberté pour pouvoir continuer à faire ce que l’on a à faire dans notre vie quotidienne, sans avoir à éviter certaines situations problématiques, ni avoir à s’arrêter pour vérifier/ritualiser/compulser.

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