Psychologie positive

Psychologie positive à nice

Martin Seligman, professeur de psychologie à l’université de Pennsylvanie et principal fondateur de la psychologie positive, déclara en 1999 : « nous connaissons peu ce qui donne de la valeur à la vie. […] Ceci vient de ce que, depuis la Seconde Guerre mondiale, la psychologie est devenue en grande partie une science de la guérison. Elle se concentre sur la réparation des dommages au sein d’un modèle du fonctionnement humain axé sur la maladie. Cette attention presque exclusive sur la pathologie néglige l’individu épanoui et la communauté prospère », avant de conclure « Quand nous sommes devenus seulement une profession de guérison, nous avons oublié notre mission plus large : celle d’améliorer la vie des gens ».

Cette façon d’appréhender la psychologie humaine n’est pourtant pas l’invention de Seligman, puisque les auteurs et psychologues issus de la psychologie humaniste (comme Carl Rogers et Abraham Maslow pour les plus connus) avaient une approche comparable en s’intéressant à l’épanouissement personnel, à l’acceptation de soi et des autres, au fait de cultiver des relations enrichissantes, etc. Néanmoins, ce courant a eu peu d’influence en France, pour diverses raisons. La psychologie positive reprend le flambeau en s’inscrivant dans une démarche expérimentale qui la rapproche des TCC.

Grâce à un ensemble de recherches, la psychologie positive a par la suite su mettre en évidence trois niveaux de facteurs influant sur le bien-être, la santé et le bonheur (Lecomte, 2014) :

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Niveau personnel

Autodétermination, créativité, confiance en soi, émotions positives, estime de soi, humour, motivation et projets, optimisme, valeurs, résilience, sens à la vie, sentiment d’efficacité personnelle, spiritualité…

Niveau interpersonnel

Altruisme, amitié, amour, compétences émotionnelles et sociales, confiance en autrui, coopération, empathie et compassion, gratitude et reconnaissance, modestie, pardon, capacité à communiquer, respect, vie familiale…

Niveau politico-social

Action sociale et humanitaire, comportements écocitoyens, courage, sentiment d’appartenance et d’efficacité collective, prévention et résolution des conflits sociaux, solidarité et fraternité…

bien-être et développement personnel

Psychologie positive

La psychologie positive vise donc à comprendre les facteurs déterminants du bien-être, de la santé et du bonheur des individus et des communautés, afin de mettre en place des interventions allant au-delà des prises en charges plus classiques visant traditionnellement la guérison.

Psychologie positive et psychologie clinique ne rentrent pour autant pas en contradiction, du moins lorsque l’on s’intéresse à la branche scientifique de la psychologie clinique. Les découvertes issues de la psychologie positive sont conciliables avec celles issues du champ des TCC et de l’ACT. En effet, les pratiques inhérentes à la psychologie positive (cultiver la gratitude, porter son attention sur ce qui fonctionne bien, développer une conscience de ses forces et ressources, cultiver l’engagement et la recherche de sens…) ont montré une efficacité y compris pour des personnes souffrant de troubles psychologiques. A l’inverse, la majorité des interventions utilisées en psychologie clinique (TCC) peuvent être mises en place efficacement par un client s’inscrivant dans une démarche de développement personnel : gestion des émotions, affirmation de soi, exposition…

La distinction entre psychologie clinique et psychologie positive apparait alors fine et arbitraire, et il apparait nécessaire pour le psychologue d’opérer une intégration entre ces deux modèles afin de proposer le meilleur accompagnement possible pour ses clients.